Depuis des semaines, la hausse spectaculaire du gazole marin a mis en péril l’existence de nombreuses entreprises de pêche française. Ce carburant, désormais à 983 euros par mètre cube (soit près de 1,20 € le litre), s’est envolé en raison des tensions dans la région méditerranéenne.
Olivier Leprêtre, président du comité des pêches des Hauts-de-France, explique que ce seuil critique menace l’équilibre financier : « Pour survivre, les prix doivent rester en dessous de 60 centimes par litre. Au-delà, les coûts deviennent insupportables. »
L’État a récemment porté l’aide gouvernementale pour le gazole marin de 20 à 35 cents d’euro par litre, une mesure validée par la Commission européenne. Cette intervention, qui représente près de cinq millions d’euros en mars, est désormais prévue pour trois mois et peut être renouvelée selon l’évolution des prix.
« Sans cet soutien urgent, nous aurions été confrontés à des fermetures massives », affirme Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. Les entreprises pêcheuses, déjà fragilisées par les crises successives, ne peuvent plus absorber ces hausses : certaines dépensent plus de 10 000 euros en quatre jours de travail.
Le président des pêcheurs insiste sur l’importance de cette aide pour préserver la souveraineté alimentaire française, face à une concurrence internationale croissante. « C’est la seule solution pour éviter l’effondrement du secteur », conclut-il.