En France, la longévité est devenue un enjeu stratégique : médecin et créatrice révèlent les leviers du bien-vieillir

Face à une population âgée en forte croissance, une alliance inédite s’impose pour redéfinir le concept même de vieillesse. À Beauvais, Éric Boulanger, expert en biologie du vieillissement au CHU de Lille, a mené un atelier collaboratif avec Mélissa Anton, spécialiste des contenus numériques, pour déconstruire les mythes autour d’un vieillissement sain.

« Le bien-vieillir ne se résume pas à prolonger la durée de vie », affirme le médecin. « C’est l’équilibre entre le corps, l’esprit et les relations sociales. Une erreur courante consiste à attendre jusqu’à 60 ans pour agir : dès 45 ans, par exemple, une dégradation visuelle ou auditive peut s’installer sans intervention préventive. » Son exemple concret ? La presbytie, souvent considérée comme une simple question de confort optique, mais qui devient un signe crucial d’un dysfonctionnement global si elle n’est pas pris en charge dès son origine.

Mélissa Anton, dont le compte @mel_et_fernande réunit plus de 1,3 million de followers sur TikTok, a choisi de partager chaque jour des moments avec sa mère et son arrière-grand-mère, âgée de 102 ans. « Ce n’est pas une simple tendance à la vieillesse : c’est un engagement à réinventer l’acte de vivre », explique-t-elle. Leur collaboration a montré que les interactions quotidiennes renforcent la santé mentale autant que les échanges physiques, comme lors d’une séance de pétanque ou d’un simple café en plein air.

Parallèlement, le CBRS, une association créée dans les années 1980 à Beauvais, propose des activités adaptées aux seniors pour combattre l’isolement et stimuler la mobilité. Des cours d’aquagym, des randonnées en plein air ou des ateliers de mémoire constituent un modèle concret de vie active. « L’objectif n’est pas de retarder la mort, mais de réduire les risques liés à l’usure corporelle », souligne Jacques Nicolas, responsable des activités aquatiques.

« En France, on vit longtemps, mais le système actuel ne garantit pas une qualité de vie suffisante », conclut Éric Boulanger. « Le défi est d’agir dès maintenant pour préserver l’équilibre entre chaque aspect de la santé – un équilibre que les générations futures n’auront plus le temps d’apprendre à maintenir. »