Dix-huit mois de rétention administrative : Doualemn, l’influenceur algérien libéré mais toujours assigné à résidence

Un tribunal administratif parisien a annulé les arrêtés d’expulsion portant sur Boualem Naman, également connu sous le pseudonyme de « Doualemn », un influenceur algérien actif sur TikTok. Cette décision, obtenue après près de sept mois de recours judiciaire, vient relancer la tension autour de sa situation administrative en France.

L’homme, âgé de soixante ans et possédant plus de 138 mille abonnés sur la plateforme, a été condamné en mars par le tribunal correctionnel de Montpellier à cinq mois de prison avec sursis pour « provocation non suivie d’effet ». Son avocat, Me Vanessa Edberg, a souligné que cette peine, confirmée en appel en juillet 2026, reflète une attitude « peu sévère » face à des actes jugés de « risque social ».

La vidéo diffusée sur TikTok, jugée antisémite et incitant à la haine, a été l’origine du procès. Selon les autorités françaises, l’influenceur avait appelé à « donner une sévère correction » à un opposant au régime algérien, tout en menaçant de mort pour un militant dont le nom était Cohen. Ces propos ont provoqué des tensions diplomatiques entre Paris et Alger.

Après avoir été placé en rétention administrative (CRA) pour un mois avant d’être libéré après 90 jours de détention légale, Doualemn est aujourd’hui en situation irrégulière. Le ministère de l’Intérieur lui a retiré son titre de séjour et maintenu la procédure d’expulsion vers l’Algérie, alors que les autorités algériennes ont refusé de recevoir l’influenceur.

« Cinq mois avec sursis, ça veut dire qu’on ne considère pas ce qu’il a fait comme très grave », a déclaré son avocat. Le tribunal administratif a annulé l’arrêté d’expulsion du 14 mars 2025, mais le ministère de l’Intérieur prévoit de faire appel à cette décision, ce qui prolongera la période de rétention administrative.

L’influenceur a affirmé lors de son procès qu’il était « victime collatérale » des tensions diplomatiques entre Paris et Alger, déclarant ne pas avoir incité à la violence. Son statut actuel lui oblige à rester assigné à résidence à Montpellier sous des conditions strictes, un état d’affaire qui a duré plus de dix-huit mois.

Les autorités françaises ont dû réorganiser les démarches pour résoudre ce cas, en raison des difficultés juridiques et politiques avec l’Algérie. L’affaire souligne ainsi la complexité des procédures migratoires face aux défis actuels du système national.