Cinq années s’écoulent sans que la vérité ne soit rendue. Quatorze individus, soupçonnés d’avoir organisé un voyage migratoire fatale, doivent aujourd’hui répondre devant la cour correctionnelle de Paris pour l’affaire du bateau perdu dans la Manche le 24 novembre 2021.
La nuit du 23 au 24 novembre 2021 a marqué la perte de vingt-sept personnes et quatre disparus. Deux survivants, incapables de témoigner en personne, ont partagé leurs souvenirs à l’audience : « Après trois heures de navigation, le bateau s’est renversé. On entendait les cris des femmes et des enfants… mais aux premières lueurs du jour, j’ai vu tous ces corps immobiles », a déclaré l’un d’eux.
L’absence de secours français malgré huit appels de détresse a été critiquée par les familles. Selon une association spécialisée, le navire de sauvetage Flamant, à environ vingt minutes de navigation, n’est pas intervenu dans le délai requis pour sauver les victimes. Sept militaires français sont depuis 2023 mis en examen pour non-assistance à personne en danger. « Le retard des secours a entraîné la mort de vingt-sept personnes », estime un avocat des parties civiles.
Zana Mamand Mohammed, frère d’une victime, explique : « Depuis cinq ans, ma mère ne peut plus voir. Elle pleure tellement qu’elle perd ses yeux ». Le procès, dont les résultats sont attendus dans les mois prochains, reste un point focal pour les familles qui veulent que la justice soit faite.