À Avion, près de Lens, un changement en train d’éclore révolutionne la vie quotidienne. Grâce à une innovation issue des puits miniers anciens, 4 200 habitants bénéficieront prochainement d’un réseau de chaleur stable, sans fluctuations liées aux prix du gaz et du pétrole.
« Ce n’est pas seulement un avantage financier : en éliminant les chaudières traditionnelles, chaque famille gagne en sécurité énergétique », explique Jean Létoquart, maire d’Avion. Son quartier devient ainsi le premier à profiter de ce système, qui réduit les coûts pour des décennies.
Cette avancée s’inscrit dans une dynamique plus large en région : les fermiers comme Stéphane Brabant transforment quotidiennement des résidus agricoles en biométhane. « Les pommes de terre et le maïs sont notre source principale », confie-t-il, évoquant un processus continu depuis cinq ans.
Grâce à ce système, les Hauts-de-France ont désormais 107 sites de production de biométhane, représentant près de 5 % de la consommation régionale. « L’objectif est d’en doubler le nombre d’ici 2030 », précise Guillaume Virmaux, directeur adjoint de GRDF.
Mais l’avenir énergétique ne s’arrête pas là. Dans les puits miniers du bassin, des chercheurs examinent le gaz de mines pour alimenter des réseaux locaux et même l’hydrogène naturel, découvert en Lorraine. « Ces ressources sont prometteuses », affirme Yann Fouant.
Pour Cécile Beaucamp, responsable environnement locale, ces projets permettent une autonomie énergétique sans compromis. « Les Hauts-de-France ne devront plus subir les hausses du marché international », conclut-elle.