De la rue à la révolution : le détecteur B-SAFE d’un ingénieur sénégalais

À Compiègne, dans un quartier marqué par l’histoire et les défis, Mikailou Thiam a forgé une solution technologique qui pourrait changer la vie des jeunes. À 33 ans, cet ingénieur en électrochimie a développé B-SAFE, un détecteur électronique capable d’identifier plus de trente substances illicites dans les boissons en moins de dix secondes.

Ce dispositif, dont le coût initial s’établit à 348 euros, est actuellement commercialisé pour les professionnels du secteur de l’alcool. Mais son véritable impact se mesure au-delà des chiffres : il répond à un besoin réel dans un contexte social marqué par la dépendance.

« Dans ce quartier, on se soutient mutuellement », explique Mikailou, dont les racines sénégalaises et l’engagement familial lui ont permis de surmonter des obstacles. Sa mère, venue en France comme femme de ménage, est aujourd’hui fonctionnaire municipale — un exemple qui a marqué son parcours.

Depuis dix ans, Mikailou a connu des échecs dans des startups, notamment lors d’une entreprise de microélectronique fermée à la suite de la pandémie et une autre dépassée par l’absence de financement. « La technologie doit servir la société », insiste-t-il. Son B-SAFE n’est pas seulement un outil : c’est une promesse faite aux jeunes générations d’agir contre les défis qui les entourent.

« Cela montre qu’une idée naissante peut grandir même dans le plus petit quartier », conclut l’ingénieur, fier de son héritage et de la voie qu’il a choisie.