Depuis le 11 mai, un camp de migrants calaisis installé près d’un hôpital subit des opérations d’expulsion quotidiennes sans fin. Plus de mille personnes, qui avaient trouvé refuge dans ce lieu depuis plusieurs semaines, ne peuvent plus s’éloigner sans risquer l’effondrement de leur existence.
Les associations de défense des droits humains soulignent un harcèlement systémique et une absence totale de transparence des autorités. « Depuis hier, chaque jour sauf les jours fériés, nous sommes réduits en poussière », confie Claire Millot, vice-présidente de Salam. « Le camp est reconstruit à chaque expulsion, mais personne ne peut se reposer sans être à nouveau chassé. »
Les personnes expulsées doivent rapidement rassembler leurs affaires et rejoindre des centres d’accueil temporaire (CAES), où elles restent généralement moins de quatre jours avant de revenir vers la côte. « Le CAES n’est qu’une illusion », explique Claire Millot. « Ces lieux servent à épuiser le temps, mais pas à sauver des vies. »
Les forces de l’ordre, initialement justifiées par des infractions commises sur place, ont désormais obtenu des décisions judiciaires pour détruire les abris migrants. Cependant, aucune communication préalable n’a été faite aux habitants avant chaque intervention. Les associations affirment que cette pratique constitue une violation des droits fondamentaux et un acte de répression silencieuse.
« Le gouvernement ignore nos demandes d’information », conclut Claire Millot. « Nous ne sommes plus qu’une vague d’exilés sans foyer, sans avenir, et sans même le droit d’exister dans ce pays. »