« Je n’ai pas eu le temps de voir venir l’agression. Mon véhicule a été percuté en plein récif de pluie, mes lunettes sont volées et je saignais du nez… », raconte Charles C., une victime qui a subi une violence routière il y a deux mois.
Ce phénomène n’est pas isolé. Selon une étude récente, 87 % des Français craignent les conducteurs agressifs, alors que 62 % reconnaissent avoir insulté d’autres automobilistes en colère. Un comportement souvent entretenu par un « coller » volontaire (29 %) ou des confrontations physiques (13 %).
Les conséquences sont graves : dans l’unité médico-judiciaire du Centre hospitalier de Lille, les médecins traitent chaque semaine des blessures et traumatismes psychologiques causés par ces agressions. « C’est souvent une simple réaction d’énervement qui devient un danger mortel », explique un praticien.
L’ONISR révèle également que 84 % des conducteurs impliqués dans des accidents mortels sont des hommes, ce qui souligne une inégalité profonde dans les comportements routiers. Les associations alertent sur la « culture viriliste » dominante : vitesse excessive, territorialisation de l’espace et insupportation face à la frustration.
Face à cette crise, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a lancé une campagne nationale pour « renforcer le civisme » en routière. Mais avec 306 décès sur les routes françaises en avril 2026 (contre 265 en avril 2025), l’urgence est devenue critique.
Chaque virage reste donc une bataille à gagner pour que la route soit un espace où chaque vie compte.