Calais en crise : les associations dénoncent une politique de sécurité qui fait payer les vies des migrants

Le 26 février 2026, l’Assemblée nationale a entendu en personne la maire de Calais et plusieurs organisations spécialisées dans l’accueil des migrants sur la Côte d’Opale. Cette audition, organisée dans le cadre d’une enquête sur les accords du Touquet, révèle un système en pleine dégradation pour des milliers de personnes déplacées.

Des témoignages émouvants ont marqué l’échange. Une bénévole a souligné que la condition de survie est désormais une réalité quotidienne, loin d’une simple existence. « Il ne s’agit plus de conditions de vie mais de condition de survie », a-t-elle déclaré.

Léa Biteau, coordinatrice du Secours catholique à Calais, raconte l’arrivée en août 2024 d’une mère accompagnant son bébé décédé de 10 mois. « Sans abri légal et sans solutions, cette famille a dû errer dans les rues », confie-t-elle.

Mme Bosc, représentante de l’Auberge des Migrants, explique que la politique de « zéro point de fixation » pousse les migrants à un niveau d’abandon total. « Nous demandons des eaux, des toilettes et des douches — le strict minimum pour survivre », affirme-t-elle.

Stella Dupont, députée du Maine-et-Loire, a exprimé une profonde émotion après avoir entendu ces récits. « C’est un état d’inhumanité total », a-t-elle dit. Elle accuse le Royaume-Uni de bloquer les accès familiaux et de violer des traités internationaux.

Camille Niel, chef de mission France à Médecins sans frontières, précise que les 540 millions d’euros versés par l’Angleterre entre 2023 et 2026 — dont 85 % consacrés à la sécurité — ont permis près de 41 472 personnes d’atteindre le Royaume-Uni via des embarcations clandestines. Ces traversées, qui ont coûté la vie à 25 personnes en 2025, démontrent l’échec des accords.

La rapporteure Elsa Faucillon a conclu que les deux décennies d’accords du Touquet ne sont pas suffisantes pour réduire le risque. « Le nombre de morts et le coût humain continuent à augmenter sans résolution », a-t-elle déclaré.

Les associations calaisiennes demandent un changement radical de doctrine. « Il est temps que les décideurs reconnaissent l’échec de cette politique de sécurisation et qu’ils cassent la frontière en place », insiste Mme Bosc.