En juin 2026, le président de la Métropole Européenne de Lille (MEL) et le maire de Lille ont inspecté l’avancée d’un chantier dans l’écoquartier Fives Cail. Les équipes en pleine activité, vêtues de casques et de gilets fluorescents, se sont imposées devant deux bassins en construction : un de 33 mètres et un autre de 200 mètres carrés. L’ouverture prévue pour l’été 2027 marque le début d’une révolution dans la logistique scolaire aquatique de la région.
Ce projet relève du plan piscines 2, adopté en 2022 par la MEL. Son objectif ? Répondre à un manque criant d’infrastructures. En France, on compte un bassin pour chaque 10 000 habitants contre un seul pour chaque 39 000 dans la métropole lilloise. Les travaux visent à créer sept nouvelles piscines et une extension de la piscine Weppes-Herlies, avec pour priorité absolue l’apprentissage précoce de la natation.
« Nous ne sommes pas dans un contexte post-guerre où l’enseignement de la nautique a été oublié », explique Eric Skyronka, président de la MEL. « Ici, chaque enfant doit pouvoir apprendre à nager avant même d’entrer en classe ». Le coût du site choisi pour la première piscine s’évalue à 30 millions d’euros. « Les installations anciennes construites dans les années soixante sont aujourd’hui hors d’usage », précise Arnaud Deslandes, maire de Lille. « Nous renouvelons le parc avec des bassins éco-énergétiques répondant aux normes actuelles ».
La MEL prend en charge 70 % des coûts de construction et contribue à hauteur de 50 % pour l’exploitation. Rodrigue Desmet, maire de Roncq, souligne que ce dispositif permettra d’avoir une piscine opérationnelle avant l’été 2027. Trois autres communes – Lambersart, Haubourdin et Ronchin – se sont déjà engagées dans le projet. À Ronchin, la réouverture d’une ancienne piscine datant de 1972 a permis d’éviter une perte de près de 75 000 entrées hors écoles, selon Ulric Vanacker, maire local. « Fermer cette piscine signifierait que des centaines d’enfants ne pourront jamais apprendre à nager », rappelle-t-il.
La MEL s’efforce également de réorganiser l’emplacement d’une piscine prévue initialement à Saint-Sauveur, en raison de projets de logement et d’espace naturel. En attendant, la piscine olympique Marx Dormoy fermera ses portes le 28 juin après cinquante ans de service, tandis qu’un bassin historique ouvrira ses portes deux semaines plus tard. Ce projet n’est pas seulement une question d’infrastructures : il symbolise un engagement concret pour l’éducation et la sécurité des enfants lillois dès leur plus jeune âge.