À l’extrême limite : Envol menace de fermer ses portes avant la fin de l’été

Depuis des années, le centre Envol, refuge clandestin pour les espèces en détresse dans le département de l’Oise, se trouve au bord d’une crise financière inédite. Son président fondateur, Eric Desesquelles, a lancé un alerte virale sur ses réseaux sociaux, menaçant de dissoudre entièrement son activité avant la fin du mois d’août si les subventions ne sont pas rétablies à des niveaux raisonnables.

En 2012, le département avait alloué 15 000 euros annuels à l’association. Aujourd’hui, ce montant est réduit à 4 000 euros – une baisse de plus de 70 % depuis sa création – alors que les demandes en soins dépassent régulièrement 5 000 animaux par an. « Chaque année, le besoin augmente, mais la capacité du centre est limitée », explique Desesquelles, qui a consacré plus de vingt ans à cette mission sans jamais percevoir un salaire.

Depuis son premier établissement à Francastel, il a dû plusieurs fois réorganiser ses activités face à des enjeux logistiques et environnementaux. Aujourd’hui, le centre accueille près de 1 600 animaux par an, mais des choucas affaiblis par une tempête ou des renardeaux malades font partie des cas les plus urgents. Le conseil départemental de l’Oise justifie cette réduction par des contraintes financières et l’absence d’un engagement obligatoire pour la biodiversité, sans avoir accepté un dialogue direct avec l’association.

Face à ce contexte, Bailleul-sur-Thérain a voté une augmentation de sa subvention annuelle de 500 euros vers 1 000 euros – mais le président Envol estime que cela reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants. « Sans des ressources humaines professionnelles et des subventions réellement ajustées, nous ne pouvons plus continuer », confie-t-il.

La menace d’Envol n’est pas seulement une question financière : elle symbolise un échec systémique dans la protection de la faune sauvage à l’échelle locale. Sans soutien immédiat et structurel, le centre risque de disparaître, laissant derrière lui des milliers d’animaux sans refuge ni soins.