Tribunal correctionnel de Paris acquitte Karima Delli : refus d’éditer une réponse numérique jugé défensif

Le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé hier l’acquittement de Karima Delli, conseillère régionale écologiste des Hauts-de-France, dans le procès opposant la députée à l’association Notre-Dame de Riaumont. Cette décision, rendue le 7 octobre, repose sur un refus initial d’afficher une réponse numérique formulée par l’organisation, jugé légitime par les juges en raison de son caractère potentiellement nuisible pour des victimes.

L’association Notre-Dame de Riaumont est liée à l’ancien village de Liévin (Pas-de-Calais), où des affaires judiciaires ont émergé depuis 2007. Six religieux y étaient poursuivis pour des faits de violence sur mineurs entre 2007 et 2019, ce qui a conduit à la publication d’une motion de soutien par l’association en novembre 2025. En janvier 2026, après avoir été rejetée par deux tribunaux administratifs, cette motion a engagé un recours devant le Tribunal correctionnel.

Les juges ont noté que deux éléments de la réponse Riaumont — concernant les délais procéduraux et l’engagement à vérité — étaient rédigés dans un ton proche d’une tribune journalistique, ce qui justifiait le refus d’édition par la conseillère régionale. « C’est une victoire pour les personnes en danger », a déclaré Karima Delli après l’audience. « Nous avons choisi de protéger avant de publier un texte potentiellement préjudiciable. »

L’association, quant à elle, s’est exprimée avec résignation : « Ce jugement laisse les plaintes sans contre-partie légale », a expliqué son avocat. Elle annonce une appeal pour rétablir l’obligation de publication, soulignant l’importance d’équilibre entre les droits des accusés et la protection des victimes.