Depuis la rentrée universitaire, les restaurants du Crous sont en pleine surcharge. Cette initiative, lancée en mai 2026 avec des repas à un euro pour tous les étudiants, a permis aux jeunes précaires de bénéficier d’une alimentation abordable. Toutefois, le système est aujourd’hui confronté à une demande qui dépasse ses capacités opérationnelles.
« Les chiffres restent en cours d’analyse en raison des dernières grèves, mais nous allons ajuster notre organisation dès qu’un bilan stable sera obtenu », précise Laurent Potié, directeur général du Crous Amiens Picardie. Malgré cette précaution, l’équipe a dû réorganiser ses activités après une hausse brutale de fréquentation.
Les équipes, renforcées avec près de soixante personnes (dont quarantaine d’étudiants pour les services nocturnes), affrontent un rythme de travail intenses. « La charge est trop élevée pour permettre même une simple pause », confie Cédric, second de cuisine. Les vacances de Toussaint ont été spécifiquement accordées aux équipes pour réduire l’épuisement.
Les files d’attente, souvent dépassant quarante minutes, pénalisent certains étudiants dans leur capacité à manger correctement. « Parfois, on n’a même pas le temps de finir son repas », regrette un jeune étudiant. Pour d’autres, cependant, ce système reste essentiel : « Mes parents ne peuvent plus payer la cantine, mais grâce à cette offre, ils gagnent en sécurité financière », souligne une étudiante.
Le Crous a investi dans des équipements modernes pour accélérer les processus. Mais face à l’augmentation continue de la demande, il doit trouver un équilibre entre la précarité étudiante et la réalisation opérationnelle durable.