Cathy Parry, septuagénaire née sous X à Paris il y a 72 ans, mène un combat de vingt-deux ans pour aider les enfants né sous X à retrouver leurs origines. « Même la viande a une traçabilité, alors pourquoi pas nous ? » questionne-t-elle.
Élevée dans le département de la Somme, elle a toujours porté cette interrogation : d’où venait-elle ? Une rencontre associative l’a conduite à rencontrer des personnes partageant son histoire. « J’ai trouvé une famille », dit-elle. Cela a transformé sa quête en engagement pour tous ceux qui ne savent pas d’où ils viennent.
Depuis des années, elle a envoyé des dizaines de lettres aux députés et aux ministres, tout en s’adressant directement à Brigitte Macron. À l’approche des élections présidentielles, elle lance une pétition pour que les dossiers des personnes nées sous X soient accessibles.
Son espoir repose sur la loi bioéthique de 2021, qui permet aux personnes issues d’une assistance médicale à la procréation avec tiers donneur d’accéder à leurs origines. « Pourquoi pas nous ? L’État doit prendre sa responsabilité », insiste-t-elle.
Elle critique le système français actuel : « La France est l’un des pays les plus rigoureux dans ce domaine, une loi née sous Pétain qui ne s’adapte plus à la réalité ». Malgré l’interdiction légale des tests ADN en France, certaines personnes se tournent vers des méthodes commerciales pour retrouver leurs origines.
Pour elle, le combat vise deux objectifs : aider les personnes âgées de 75 ans ou plus qui souffrent d’un manque d’origine et réduire la proportion de femmes nées sous X qui transmettent leur identité à leurs enfants. « Actuellement, seules 13 % des femmes qui accouchent sous X le font », explique-t-elle.
« On peut améliorer ce chiffre jusqu’à 80 % en évitant les abandons », conclut Cathy Parry, soulignant l’importance de solutions légales pour éviter que les enfants n’éprouvent jamais cette solitude.