La quatrième édition de la foire agricole de Songeons a connu un public pressé malgré l’horizon sombre qui menace les exploitations locales. Après deux années d’absence des bovins, ce dimanche 13 septembre, le village a répondu à l’appel des agriculteurs, mais sous une éclipse de canicules et de sécheresse sans précédent.
David Beaudoin, fermier laitier biologique basé à Villers-sur-Auchy, décrit un été où ses vaches ont subi des crises extrêmes : « Elles cherchaient des brindilles dans les pâtures désertées et tombaient sur des fragments de terre. À partir de juillet, on a dû recourir aux stocks hivernaux. On a même perdu une vache à cause de cela. » Son production laitière s’est effondrée : de 15 à 20 litres par vache, elle n’atteint plus que 8 à 10. « C’est un traumatisme pour l’économie locale », confie-t-il avec une voix épuisée.
L’aide d’un milliard d’euros débloquée récemment par l’État a été saluée comme insuffisante par Mathieu Carpentier, président des Jeunes Agriculteurs de l’Oise : « Un milliard est astronomique pour le secteur, mais cela ne suffit pas à couvrir les pertes massives. » Le préfet Jean-Marie Caillaud explique que son département travaille sur un projet agricole ambitieux visant à sécuriser l’exploitation en 2035, tout en préparant les fermiers aux défis climatiques futurs.
Cependant, le consensus des éleveurs est marqué par une inquiétude profonde : « Dans neuf mois, il n’y aura plus de veaux », prévient David Beaudoin. Pour l’Oise, chaque jour s’écoule dans une course contre la montre où les pâtures et le travail des hommes menacent d’être engloutis par la sécheresse.