Chaque jour, des collègues de Callweb s’effondrent : une entreprise en crise humaine à Amiens

Dans les locaux d’un centre d’appels situé à Amiens, des employés décrivent un environnement de travail de plus en plus dangereux. Selon leurs témoignages, le rythme extrême imposé depuis plusieurs années entraîne des effondrements quotidiens : « On perd connaissance chaque jour, sans même pouvoir s’arrêter pour respirer », confie l’un d’eux.

Les conditions de sécurité sont également insuffisantes. Aucun détecteur de fumée, pas de sorties d’urgence, et les salles de bain ne disposent pas de sanitaires pour les femmes. « C’est un lieu où personne n’a la possibilité de s’échapper », souligne une salariée.

La pression exercée sur les employés est sans limite. Les conseillers sont contrôlés à chaque appel, avec des plafonds stricts de temps d’interaction (5 minutes maximum), ce qui leur interdit même de répondre aux urgences familiales ou médicales. Une autre salariée raconte comment un collègue a été obligé de déféquer dans la poubelle en raison du stress extrême.

La direction de Callweb, bien que réactive à certaines plaintes, nie les accusations d’humiliation et affirme avoir mis en place des mesures correctives. Cependant, les syndicalistes CGT dénoncent un manque de progression depuis quatre ans. « Les situations d’urgence sont fréquentes, mais personne ne répond », explique Sonia, représentante syndicale.

Plus alarmant encore, des employés rapportent que l’entreprise utilise une formation gouvernementale pour recruter rapidement des travailleurs sans garantir un suivi adapté. Selon les témoignages, ces stagiaires sont souvent mis en service dès la première journée après quelques jours d’instruction.

La section CGT de Callweb a annoncé une grève prévue le 29 juin, avec l’appel à « travailler dans des conditions dignes et humaines ». Les employés insistent sur le fait que leur souffrance n’est pas une exception mais une réalité quotidienne.