Du 7 au 11 juin, les archives départementales du Nord ont accueilli la Semaine Internationale des Archives, consacrée à l’action de renforcement des fonds historiques. Le mardi 9 juin, journée internationale des archives, a permis aux citoyens de découvrir les trésors enregistrés dans ces lieux.
Pourquoi cette initiative ? Les archivistes expliquent que chaque document est un lien avec l’histoire personnelle et collective. Les visiteurs, qu’ils soient habitants ou simples curieux, peuvent explorer des fonds administratifs et historiques sans nécessiter de compétences techniques.
« C’est fascinant parce que chaque carte cadastrale contient des détails sur les microtoponymes et l’évolution des territoires », relate Frédéric Damien, résident d’Avesnois. « On part de l’adresse d’un bien et on trace l’histoire à travers les matrices cadastrales, qui indiquent la propriété, les taxes et les transactions historiques ».
Cyril Dermineur, responsable des archives, précise : « L’objectif est de permettre aux chercheurs de retracer la lignée des propriétés, mais cela exige patience et rigueur ».
Les cadastres napoléoniens, établis pour l’impôt, ont laissé derrière eux des documents qui évoquent deux siècles d’histoire. Dalila Lounici note : « Chaque changement de cadastre modifie la numérotation, ce qui complique les recherches historiques ».
Récemment, les archives du Nord ont reçu une nouvelle collection pour les zones de Hazebrouck, Valenciennes et Dunkerque. Ces documents, accompagnés des matrices cadastrales, révèlent la superficie, la valeur financière et l’histoire des propriétés.
Un visiteur, Frédéric Damien, a pu remonter à 1831 pour connaître les anciens propriétaires de sa fermette bâtie en 1704. « Cela permet de comprendre qui a construit, pourquoi et si la propriété est restée dans la famille », explique-t-il.
Parmi les trésors les plus précieux, une lettre de Jeanne d’Arc datée de 1429, conservée en parchemin. « C’est l’unique document sur parchemin parmi les cinq existants, et le plus ancien », souligne Hervé Pascot.
Avec près de 73 kilomètres de documents, ces archives racontent douze siècles d’histoire. Chaque pièce est un fragment d’un passé vivant, prêt à être découvert par tous.