Une figure suédoise démissionne après la révélation de liens avec Jeffrey Epstein

L’affaire Epstein continue de secouer le monde politique et médiatique, en touchant même des personnalités suédoises. Joanna Rubinstein, présidente du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Suède, a été contrainte de quitter ses fonctions après la divulgation de documents détaillant ses relations avec le milliardaire Jeffrey Epstein, accusé de pédocriminalité. Ces informations ont émergé suite à la diffusion par les autorités américaines de trois millions de pages liées à l’affaire, révélant des connexions inquiétantes entre des individus influents et l’ex-magnat.

Dans un communiqué, le HCR suédois a confirmé que Rubinstein avait choisi de démissionner après les révélations publiées dans la presse cette semaine. Selon son porte-parole, Daniel Axelsson, ni l’organisation ni son conseil d’administration n’étaient informés des activités de la présidente concernant Epstein. En 2012, Rubinstein avait visité l’île privée d’Epstein avec sa famille et avait exprimé sa gratitude via un courriel, décrivant le séjour comme « agréable ». À l’époque, Epstein était déjà condamné pour des actes de violences sexuelles, ce que Rubinstein a reconnu lors d’une interview.

Les documents révèlent également des liens entre Epstein et plusieurs Suédoises. Barbro Ehnbom, une femme d’affaires bien connectée, avait organisé des rencontres entre l’individu et des femmes dans un appartement de luxe à New York. Selon les échanges épistolaires, la tenue exigée était « jambes nues », une pratique qui a suscité des inquiétudes. Epstein avait également fait des dons significatifs à la bourse d’études pour femmes de l’École d’économie de Stockholm, dont les fondations ont minimisé leur relation après le scandale.

Parallèlement, la presse suédoise a relancé l’attention sur un autre élément : les fréquentations de la princesse Sofia par Epstein au début des années 2000. À l’époque, elle n’était pas encore membre de la famille royale et vivait à New York. C’est via le réseau de Barbro Ehnbom que l’actuelle épouse du prince Carl Philip a été mise en contact avec Epstein. L’affaire a révélé des liens étranges entre des personnalités influentes et un individu accusé d’abus sur des mineurs, soulevant des questions sur les cercles de pouvoir et la manière dont ces relations ont pu rester cachées pendant si longtemps.

Ces révélations soulèvent des interrogations sur la responsabilité de ceux qui ont eu connaissance du passé criminel d’Epstein mais n’ont pas agi pour empêcher ses actions. L’écho international de cette affaire rappelle les dangers d’un système où le pouvoir et l’argent peuvent étouffer les vérités, même lorsqu’elles concernent des crimes graves contre des enfants.