Okaïdi affronte une crise profonde : 60 boutiques et 290 postes menacent de disparaître

En janvier 2026, le groupe IDKIDS a annoncé un plan de réorganisation urgent pour pallier une situation économique de plus en plus fragile. L’enseigne spécialisée dans la production de vêtements pour enfants doit fermer environ soixante magasins et supprimer 290 emplois dans son réseau français, selon un communiqué diffusé mardi 26 mai.

Basée à Roubaix (Nord), cette marque, employant plus de 2000 personnes en France, avait précédemment demandé un placement en redressement judiciaire en février 2026. Cette décision, prise après des mois de difficultés, vise à retrouver un équilibre financier en privilégiant les sites les plus performants.

« On savait que quelque chose allait se produire », confie Betty Parisseaux, représentante du personnel au sein des comités d’entreprise. « Mais la réalité est douloureuse : des salariées de 50 ans, qui travaillaient depuis des décennies dans les magasins, risquent aujourd’hui de perdre leur emploi. »

Le groupe explique que son modèle économique est menacé par trois facteurs clés : une baisse progressive du nombre de naissances (car Okaïdi s’adresse aux nouveau-nés dès la première heure), un pouvoir d’achat familial réduit, l’émergence croissante des marchés second main et la concurrence accrue des marques ultra-fast fashion.

En février 2026, IDKIDS a également vendu Jacadi, une marque qu’il avait acquise en 2005, à Deveaux (Armand Thiery, Jacqueline Riu). « Les clients ne viennent plus dans les magasins », souligne Betty Parisseaux. « Nos prix restent stables, mais le coût du parking en centre-ville et la raréfaction des visiteurs ont transformé notre situation en une épreuve quotidienne. »

Par ailleurs, Okaïdi prévoit de réduire ses activités dans trois pays d’Europe : l’Allemagne, la Pologne et le Portugal – considérés comme « structurellement déficitaires ». Au total, plus d’une centaine de boutiques internationales fermeront leurs portes.

Cette crise met en lumière les défis auxquels font face les entreprises spécialisées dans les marchés enfants face à une demande en mutation et à des facteurs économiques complexes.