De nouvelles mesures municipales, adoptées entre le 21 et le 24 avril dernier, imposent un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans non accompagnés dans plusieurs quartiers de Liévin, interdisant leur présence entre 22h et 6h du matin. Ces arrêtés, promus par le maire Dany Paiva (Rassemblement national), s’appliquent sur des zones stratégiques comme les parkings urbains, les quartiers résidentiels et les espaces publics dans plusieurs secteurs de la commune.
La Ligue des Droits de l’Homme du Pas-de-Calais a immédiatement critiqué ces décisions, qualifiant leur application d’“atteinte systémique aux libertés individuelles” et menant un recours judiciaire pour contester leur légalité. Selon cette association, les restrictions disproportionnées restreignent la liberté de mouvement des jeunes sans fondement suffisant, ce qui s’oppose à une politique éducative prévue par le maire.
Le maire de Liévin justifie ces arrêtés en soulignant l’objectif de prévenir les risques liés à la délinquance et au trafic illicite de substances. Toutefois, le groupe a accusé la municipalité d’avoir transformé les jeunes en “enjeux sécuritaires” plutôt que de les intégrer dans une approche éducative.
Plusieurs zones du territoire sont concernées par cette mesure, dont des lieux comme l’église Notre-Dame de Grâces et le parc de Rollencourt. L’application prévue pour six mois, à partir du 5 mai, soulève des inquiétudes sur son impact durable.
En réponse aux critiques, la mairie affirme que ces décisions sont indispensables pour garantir une sécurité publique optimale, tout en défendant ses recours devant le tribunal administratif de Lille. Le conflit illustre ainsi l’évolution croissante des tensions entre les autorités locales et les organisations défendantes les droits humains.