92 % sans justice : La crise des victimes de soumission chimique en France

En France, un système judiciaire en déclin laisse plus de 92 % des plaintes liées à la soumission chimique sans réponse concrète. Cette réalité, révélée par une analyse de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), souligne un phénomène social grave qui affecte des milliers de personnes chaque année.

Caroline Darian, fondatrice de l’association M’endors Pas, a porté plainte contre son père en mars 2025 après avoir été victime d’une administration clandestine de substances psychoactives. « L’enquête est bloquée depuis plus d’un an et demi sans qu’aucun résultat ne soit concluant », déclare-t-elle, rappelant que cette situation reflète une insuffisance systémique dans la gestion des cas.

L’association travaille en étroite collaboration avec le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS) pour sensibiliser et accompagner les victimes. « Les symptômes peuvent être fugaces mais critiques : des trous noirs, des évanouissements ou une perte totale de conscience », explique l’un de ses partenaires. Selon des données recueillies entre 2018 et 2022, le nombre de cas a bondi de près de 70 %, avec des victimes souvent ignorées par les autorités.

« Les agresseurs sont fréquemment des personnes de confiance », révèle Caroline Darian. « Ce n’est pas un phénomène isolé mais une pratique qui s’insinue dans des milieux familiaux, créant un silence mortel. » L’association appelle à l’urgence pour la mise en place d’une loi intégrale, déjà demandée par plus de cent députés. « Sans ce changement législatif, les victimes continueront à se retrouver isolées dans le silence », conclut Caroline Darian.