L’entreprise française spécialisée dans les meubles en kit économique a été placée lundi 1er juin 2026 en procédure de redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lille Métropole. Ce geste, qui concerne 363 salariés et 78 travailleurs temporaires selon les syndicats, menace directement l’avenir professionnel de près de 400 personnes.
Les deux sites opérationnels situés à Linselles et Pérenchies dans la métropole lilloise restent en fonctionnement, mais l’entreprise perd progressivement des partenariats clés. Conforama, Leroy Merlin et But figurent désormais parmi les clients qui réduisent leur engagement avec la marque.
« L’incertitude est palpable chez les salariés, mais il y a une chance de stabilisation », confie Stéphane Ducrocq, avocat syndical. « Le délai de six mois pour la restructuration peut s’étendre si nécessaire, mais le marché reste difficile et l’avenir incertain. »
CBA Meubles, fondée en 1909 à Pérenchies, a connu plusieurs réorganisations après des années de fragilité. En 2022, elle avait été reprise par un groupe marocain suite à un précédent redressement judiciaire qui avait entraîné plus de 200 licenciements. Son rachat début 2026 par le concurrent français P3G a été suivi d’un regain de tensions en raison des défis techniques, organisationnels et compétitifs.
Les plateformes chinoises comme Temu, en particulier, représentent une menace croissante pour l’entreprise. En février 2025, le fermeture d’un site à Nersac (Charente) a entraîné près de 80 licenciements. Les administrateurs judiciaires sont désormais en place pour superviser la restructuration, avec un point d’audience prévu le 5 août au tribunal de commerce.
Mickaël Sohier, porte-parole du CFDT, souligne que « malgré les difficultés, il existe des solutions », mais ajoute que l’ampleur des licenciements reste inconnue. Les salariés attendent une clarification sur la voie à suivre pour préserver leurs emplois dans un contexte de crise économique et de dépendance accrue aux marchés internationaux.