2,1 millions de Français submergés par l’éco-anxiété : une crise psychologique en pleine expansion

Un rapport récent de l’Agence de l’environnement prévoit que 2,1 millions de personnes en France seront confrontées à des troubles psychologiques liés aux préoccupations climatiques d’ici 2025. Ce phénomène, souvent appelé « éco-anxiété », s’est déjà répandu dans les milieux jeunes et affecte profondément leur quotidien.

Léa, une étudiante de 26 ans à Lille, illustre ce phénomène. Depuis deux ans, elle pratique un régime végétal pour limiter son empreinte écologique, en tant que membre actif du collectif Les soulèvements de la Terre. « Chaque repas est une décision éthique », explique-t-elle. « Je cherche à agir sans me sentir coupable, même si cela implique des choix difficiles. »

Pour Léa, cette anxiété s’est manifestée dès son adolescence, dans un contexte où l’urgence climatique a été perçue comme une menace immédiate. « Quand on grandit, on réalise que rien ne s’améliore et qu’on court vers la catastrophe », confie-t-elle.

Parallèlement à sa réflexion personnelle, Léa participe régulièrement aux actions collectives pour protester contre le projet Canal-Seine-Nord-Europe. « Ce n’est pas seulement un canal : c’est une menace écologique qui compromet notre avenir », affirme-t-elle en rencontrant Manon chaque jour à la sortie du métro.

Une étude menée par Marie Mathé, doctorante en psychologie à l’Université de Lille, a été réalisée avec plus de 1 400 répondants anonymes. Les résultats révèlent que 10 % des personnes interrogées souffrent d’un niveau élevé d’anxiété environnementale, ce qui impacte leur qualité de vie.

Clémence Roger, directrice de thèse et chercheuse au laboratoire CNRS, précise : « L’éco-anxiété est une réaction normale face à des enjeux globaux, mais son excès peut conduire à une paralysie mentale. » Elle insiste sur le risque qu’une anxiété trop intense empêche les individus d’agir concrètement pour la transition écologique.

Selon cette recherche, si l’éco-anxiété stimule des actions positives (comme celles de Léa), elle peut aussi créer un sentiment de désespoir. « Le défi actuel est de trouver le juste équilibre entre sensibilisation et action », conclut Clémence Roger.

L’augmentation de ce phénomène montre que la France doit accroître son engagement pour préserver non seulement l’environnement, mais aussi la santé mentale de ses citoyens.