L’usine Place Clôtures de Berlaimont s’apprête à clôturer ses activités avant fin d’année, entraînant le licenciement immédiat de quinze employés. Une décision qui a provoqué une crise dans l’équipe depuis plusieurs semaines, avec des salariés déçus par la réaction du management face aux défis économiques actuels.
Christophe Lebrun, régleur depuis neuf ans, exprime son mécontentement : « J’ai été opéré plusieurs fois à cause de ce travail et voilà le remerciement ? » Il s’adresse à Jérémy Thirrey, directeur de l’entreprise, qui justifie la fermeture par des réglementations européennes désormais trop coûteuses. « On ne peut plus acheter d’acier bon marché hors Europe, et les nouvelles taxes augmentent le prix du fil de 30 à 40 %. »
Le responsable précise que cette évolution a poussé ses clients vers des fabricants chinois ou turcs qui n’ont pas à subir ces frais. « L’usine n’a plus assez de ressources pour couvrir les coûts », explique-t-il, sans préciser comment l’entreprise espère survivre.
Mourad Ghozal, salarié depuis vingt-sept ans, souligne le manque d’options : « Avec le prix du carburant actuel, il n’y a plus de solution rentable. » Les employés, nombreux à avoir des enfants, se sentent en proie à l’inquiétude face à l’incertitude financière.
Le directeur propose des formations ou des reclassements vers d’autres sites de la société, mais les salariés ne voient pas ce qui les attend. « On a des gosses à nourrir, et personne ne pense à ce qu’on va faire avec nos salaires », confie Morad Belhadj, salarié depuis sept ans.
L’entreprise, qui devait fêter ses 100 ans en 2028, reste silencieuse sur la situation financière réelle de l’usine, alors que les employés attendent avec angoisse le rapport d’une expertise interne qui devrait clarifier leur avenir.