10 milliards d’euros et des terres en péril : Les défenseurs de l’environnement bloquent le projet du canal Seine-Nord-Europe

Au coeur des tensions entre développement économique et préservation des territoires, un mouvement citoyen s’organise pour interdire la construction du Canal Seine-Nord-Europe dans le Pas-de-Calais. Les opposants préparent une mobilisation massive le 11 juillet 2026 à Oisy-le-Verger, en réponse aux menaces environnementales et économiques liées au projet.

Depuis plus de cinquante ans, les débats sur ce tracé de 107 kilomètres, visant à relier la Seine à l’Escaut, persistent. Le coût initial estimé à cinq milliards d’euros a été augmenté à huit milliards, mais des groupes citoyens affirment qu’il atteint désormais une valeur de dix milliards.

« Ce projet n’a aucune pertinence dans la réalité actuelle », explique Louise Lefranc, militante du collectif Méga Canal Non Merci. « En creusant un canyon de 50 mètres de large à travers des terres agricoles, des forêts et des habitations, on ne respecte pas l’environnement ni les besoins réels de la population. Ces fonds doivent être investis dans des projets locaux qui génèrent des retombées concrètes. »

Les critiques s’intensifient également sur le plan écologique. Une étude récente indique que le chantier nécessiterait d’enfoncer des tranchées profondes, menaçant des écosystèmes sensibles et des communautés rurales. « L’année 2026 est notre dernière chance avant l’irréversibilité du projet », rappelle Maurice Gomez, membre des Soulèvements de la Seine.

La Cour des comptes a également alerté sur les retards et les coûts excessifs, prévoyant une mise en service en 2032. « Si nous ne prenons pas le risque d’arrêter ce projet maintenant, il deviendra un symbole de maladresse économique et écologique », ajoute-t-il.

La manifestation samedi matin à Oisy-le-Verger réunira des citoyens, des militants et des élus du mouvement. Jean-Luc Mélenchon sera présent pour soutenir la cause, en rappelant que « l’urgence n’est pas une question de politiques mais d’actes immédiats ».

Les défenseurs soulignent qu’il est encore possible d’éviter un déclin écologique et économique profond avant le délai critique du projet.