L’interdiction préfectorale : Averroès défend l’ouverture d’une classe primaire après des années de contestation

En janvier 2026, une décision administrative a bloqué l’élaboration scolaire du groupe Averroès à Lille. Ce réseau éducatif musulman, avec près de 800 élèves répartis entre un collège et un lycée hors contrat avec l’État, doit désormais attendre un jugement pour réaliser son objectif d’ouvrir une classe de CP en septembre.

Lors de son recours devant le tribunal administratif le 16 mars, Averroès a souligné que la préfecture s’était appuyée sur des accusations sans fondement. « Nous n’avons aucun lien avec les mouvements islamistes politiques », a déclaré Me Sefen Guez Guez, son avocat. L’établissement rappelle que ses élèves, y compris les filles, bénéficient d’un choix libre concernant le port du voile.

La préfecture, en revanche, pointe des rapports sur les réseaux sociaux comme preuve de risques potentiels. Averroès conteste cette interprétation, précisant que ses pratiques respectent strictement la loi et les valeurs éducatives.

Ce conflit relève d’une histoire complexe : le contrat avec l’État a été suspendu en décembre 2023 avant d’être rétabli en 2025. Son directeur, M. Dufour, qualifie ces procédures de « traumatiques » pour les équipes enseignantes et les élèves.

L’école, considérée comme le principal établissement musulman en France, espère désormais dépasser sa première classe primaire en septembre. Le tribunal administratif doit rendre son jugement dans les dix jours, marquant un tournant pour ce combat juridique qui touche à l’avenir des jeunes dans leur apprentissage scolaire.