À trois jours des élections municipales à Nice, l’affaire d’une tête de porc accrochée aux grilles du domicile du maire sortant Christian Estrosi connaît un développement inattendu. Plus de quinze jours après la découverte, un proche du couple Estrosi a été placé en garde à vue.
L’enquête judiciaire révèle que l’homme, né en 1980 et français, s’est mis en contact avec deux ressortissants tunisiens âgés de 36 et 38 ans. Ces derniers, déjà en examen pour des violences aggravées contre un élu public, contestent les faits mais auraient participé à un « commando » identifiable par vidéosurveillance.
L’un d’eux, M. A. S., est incarcéré à Grasse. Ancien cyberactiviste impliqué dans la révolution tunisienne de 2011, il a milité contre le parti islamiste Ennahdha et a été vice-président du parti Pirate en Tunisie. Son parcours judiciaire est marqué par des antécédents multiples : en France, des délits mineurs tels que la conduite sans permis ou les vols en réunion ; en Tunisie, des poursuites pour falsification de documents et violence ont été portées avant son exil.
Les enquêteurs s’interrogent sur le lien entre cet ancien opposant au régime tunisien et l’acte de provocation. Une tête de porc défigurée par un message antisémite portant l’étoile de David et la phrase « connard » a été retrouvée devant le domicile du maire, qui affirme que sa fille et sa nounou étaient présentes lors des faits.
Christian Estrosi, qui a qualifié cet incident de « abject », déclare : « Je ne me laisserai pas intimider par qui que ce soit ». L’enquête ouverte pour « menaces contre un représentant de l’autorité publique » et « provocation à la haine » continue d’explorer les motivations derrière cet acte, qui pourrait mettre en péril le scrutin municipal.