Interceptions en mer : les ONG alertent sur l’escalade des risques pour les migrants

Une nouvelle opération maritime menée dans la Manche ce mardi 3 mars a provoqué des réactions fortes chez les organisations humanitaires. Selon Utopia 56, une dizaine de personnes ont été interceptées en mer, une action jugée « extrêmement dangereuse » et contradictoire avec les normes établies par le gouvernement.

L’opération, censée cibler des embarcations « taxi boat » transportant des migrants vers l’Angleterre, a été critiquée pour son manque d’attention aux consignes de sécurité. L’association rappelle que la procédure prévoit une interception limitée à moins de dix personnes par embarcation afin de réduire les risques de tragédies maritimes.

Cette intervention relève de la deuxième opération de ce type réalisée depuis le changement de politique migratoire en juillet 2025. Utopia 56 souligne l’ampleur des secousses humaines causées par ces méthodes, notamment dans les zones maritimes entre les Comores et Mayotte où plus d’une centaine de personnes ont perdu la vie depuis 2010.

L’ONG demande des explications sur les documents réglementaires, l’entraînement des agents et les modalités précises pour déclencher ces interventions. La préfecture maritime de la Manche a confirmé l’interception mais n’a pas répondu aux questions relatives à la sécurité des personnes impliquées. Les migrants interceptés ont été directement pris en charge par la police frontalière et retenus pendant trois jours avant d’être comparus au tribunal de Dunkerque.

L’association insiste : « Lorsqu’une opération est menée sans respect des protocoles de sécurité, elle ne protège pas les migrants mais risque de leur faire subir des dégâts irréversibles. »