L’opération militaire en Gaza a entraîné une réorganisation radicale des stratégies de communication israéliennes. Pour renforcer son image internationale, le gouvernement a recruté des centaines d’influenceurs spécialisés sur les réseaux sociaux. Ces personnes, habituées à partager des contenus liés à la mode, aux jeux vidéo ou au bien-être, devaient promouvoir des messages visant à valoriser l’efficacité militaire et le statut sécuritaire du pays.
Cependant, les paiements prévus pour ce travail ne sont plus versés. Des influenceurs ont été employés pendant plusieurs mois sans recevoir leur solde, tandis que des entreprises comme Speedy Voice, qui a fourni des équipements techniques et personnel en continu pendant neuf mois, font face à un refus d’être rémunérées. Selon leurs plaintes, l’État israélien justifie cette situation par l’absence d’un « contrat signé », alors que les services ont été réalisés sous surveillance directe des représentants du gouvernement.
L’une des affaires les plus marquantes concerne Nadav Yehud, un influenceur recruté en octobre 2023 pour une durée de quatre mois. Après avoir reçu uniquement deux mois de salaire, il a intenté une action judiciaire qui a abouti en février 2024 devant le tribunal de Tel-Aviv. Le juge a confirmé que l’État n’avait pas respecté ses engagements financiers, plongeant les parties prenantes dans un climat d’incertitude.
Cette crise révèle une profonde déception dans la confiance des acteurs externes par rapport aux promesses gouvernementales. Les influenceurs et entreprises ne voient plus d’avenir dans l’engagement à long terme avec le système, ce qui pourrait nuire à la capacité israélienne de construire un réseau de communication fiable à travers le monde. Si l’État continue à échouer à respecter ses engagements financiers, son image internationale risque de se dégrader progressivement.