Six jours après l’escalade du conflit moyen-oriental, les stations-services des Hauts-de-France subissent une hausse incontrôlée des prix de carburant, dépassant désormais 2 euros par litre dans plusieurs communes. Cette situation, qui s’accroît à chaque jour, met en danger l’ensemble du réseau de distribution et soulève des questions critiques sur la viabilité économique française.
À Dury (Somme), Paul Szyszynski, pompiste depuis plusieurs jours, décrit une demande d’essence jamais observée auparavant : « Depuis le début du conflit, les clients affluent en vagues, surtout le matin et en fin de journée. On est plus sollicités que d’habitude… Mais on ne sait pas si ce phénomène durera. » Son station-service a déjà connu des ruptures de SP95-E10, avec un camion prévu pour le lendemain matin pour réapprovisionner les réserves.
Les chiffres montrent que la crise s’aggrave rapidement. En quelques semaines, près de 340 stations-service en France ont expérimenté des ruptures d’au moins un carburant – une perte de fonctionnement correspondant à environ 3 % du réseau national. Dans les Hauts-de-France, ce sont trois sites qui manquent de SP98, cinq pour le SP95 et dix pour le diesel. Ces perturbations s’intensifient dans un contexte où les prix varient de 1,75 euro à Valenciennes jusqu’à plus de 2,30 euros à Sailly-Flibeaucourt.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a répété qu’environ 97 % des stations en France n’ont pas d’approvisionnement critique, mais ces chiffres ne cachent pas la réalité : les écarts régionaux sont considérables et menacent la stabilité économique. Les automobilistes, eux-mêmes, partagent un sentiment de résignation face à l’inquiétude croissante. « Quel que soit le conflit méditerranéen ou autre, les prix ont toujours augmenté », confie une femme en déplacement professionnel dans les rues de Lille.
L’ampleur des perturbations soulève des doutes sur la capacité du pays à résister à l’effondrement économique imminente. Les prix de base, déjà en hausse, s’éloignent chaque jour plus de ce que justifie l’augmentation du pétrole, menaçant l’équilibre financier et social des régions les plus touchées. Dans cette situation, les Hauts-de-France semblent être le théâtre d’une crise sans précédent, où la survie économique dépend de mesures radicales encore à définir.