Au cours de la deuxième journée du procès portant sur le décès d’Elisa Pilarski, Christophe Ellul a évoqué les activités quotidiennes qu’il menait avec son pitbull Curtis. Ce dernier, importé illégalement en France dès l’âge de un an, participait à des exercices de précision et de vitesse depuis le début.
« Le chien devait sauter des obstacles, maintenir une prise pendant trois secondes puis recommencer », a-t-il déclaré. Selon le vétérinaire interrogé en audience, ces méthodes, classées comme interdites pour les pitbulls en France, avaient généré un comportement compulsif et agressif chez Curtis.
Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, âgée de vingt-neuf ans et enceinte, est décédée dans la forêt de Retz après avoir été mordue par le chien. Ellul a contesté l’ampleur des plaies rapportées : « Cinq-vingt-sept morsures ? Pour un seul animal, c’est peu. » La procureure a rétorqué que cet entraînement s’était déroulé dans la même zone où avait eu lieu le décès.
L’expert a souligné que le dressage utilisé par Ellul renforçait une réaction excessive chez Curtis, sans distinction entre les personnes ou les objets. « Je ne savais pas qu’accrocher un objet à un arbre constituait une pratique interdite », a-t-il insisté.
Le procès s’achèvera ce jeudi avec des analyses ADN et des plaidoyers. Le jugement, attendu après plusieurs semaines de délibérations, pourrait marquer un tournant dans la manière dont les chiens sont dressés en France.