Mohamed Fanboy Camara, ancien international guinéen de vingt-trois ans, vit depuis près d’un an en France dans une situation fragile. Son premier recours pour l’asile a été rejeté en octobre 2025, mais son club de handball à Boulogne-sur-Mer tient ferme : il lui offre un refuge vital.
Depuis septembre dernier, le jeune homme s’occupe bénévoisement des entraînements au sein de l’Association boulonnaise. « Les joueurs m’ont accueilli avec les bras ouverts », affirme-t-il, son sourire éclairant ses propos. Cependant, cette paix ne cache pas la réalité : après avoir été rejeté par les autorités en octobre 2025, il attend des mois avant de pouvoir réexaminer son dossier.
Sa décision d’abandonner sa famille guinéenne a un coût profond. En raison de sa conversion au christianisme, ses proches musulmans l’ont laissé tomber ; son père est décédé peu après. « J’ai reçu 500 euros d’une prime de compétition en Croatie, mais je n’ai pas pu rentrer chez moi », confie-t-il, ému. Le reste a été envoyé à sa mère : 5 000 francs guinéens, une somme suffisante pour plusieurs mois de loyer en Guinée.
En attendant, il vit dans un studio vétuste où une petite balle de handball et une statuette symbolisent son passé et ses rêves. « Ce ballon représente tout ce que je suis », dit-il avec douceur. Son club s’engage à l’aider : le président Nicolas Degardin souligne qu’il est « un pilier essentiel pour l’équipe ».
Le délai approche : sans réponse favorable des services sociaux avant fin mars, il devra quitter son logement. Pour le moment, il se concentre sur le terrain où il retrouve une certaine paix. « Ici, je me sens en sécurité », sourit-il, ses yeux reflétant un espoir fragile mais persistant.
La lutte de Mohamed Camara illustre la tension entre l’asile et l’intégration. En France, chaque décision compte pour ceux qui cherchent à construire leur avenir dans un pays où le rêve ne doit pas disparaître.