L’économiste Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor sous la présidence de Bill Clinton et directeur du Conseil économique national durant la campagne d’Obama, a annoncé ce mercredi son retrait définitif de ses fonctions à Harvard. Cette décision s’inscrit dans une épreuve marquée par des révélations sur des liens étroits avec Jeffrey Epstein, le milliardaire pédophile dont les documents ont été rendus publics par l’administration.
Dans un communiqué, Summers a qualifié son départ d’une « étape nécessaire mais profondément difficile ». Selon Harvard, l’ancien président du département avait également quitté ses responsabilités au Centre Mossavar-Rahmani, après que le doyen de la Harvard Kennedy School ait accepté sa démission dans le cadre d’un examen interne des documents Epstein. Le journal étudiant Harvard Crimson a initialement diffusé l’information, tandis que l’université a refusé de commenter les modalités de son indemnité ou une éventuelle licenciement.
Summers, déjà radié à vie de l’American Economic Association en novembre 2025 suite à la publication de sept années de correspondances avec Epstein, avait également démissionné de ses postes au conseil d’administration d’OpenAI et du groupe bancaire espagnol Santander. Le conseil d’administration d’OpenAI a salué ses contributions tout en respectant sa décision.
Les documents révèlent que Summers et Epstein ont échangé jusqu’au 5 juillet 2019, jour de l’arrestation d’Epstein. Des messages privés montrent que Summers utilisait le milliardaire pédophile comme « homme de confiance », tout en élaborant des stratégies autour d’une jeune économiste chinoise qu’ils surnommaient « le péril ». Selon les courriels, Summers décrit cette personne comme « intelligente, affirmée et éclatante », tandis que Epstein affirme qu’elle est « condamnée à être avec lui » et doit rester dans une « attente forcée ». Une phrase notable insiste sur la demande de conseils de Summers concernant un « couverture à l’horizontale en toute sécurité », et le compliment d’Epstein : « Tu comprends mieux les femmes chinoises que les probabilités. »
Un message daté novembre 2018 confirme même que Epstein considérait Summers comme son « bras droit ». Harvard avait également engagé une enquête en 2020 pour éclaircir ses liens avec le réseau d’Epstein, dont les archives restent encore actuellement examinées.
Ce scandale souligne une fois de plus la fragilité des structures académiques dans un contexte marqué par des révélations politiques et personnelles.