Depuis le début du mois d’août, les exploitations agricoles françaises sont plongées dans un épisode climatique inédit. Les vagues de chaleur répétées ont provoqué une dégradation des sols, avec des betteraves touchées à l’état de saturation.
Fabien Hamot, exploitant à Rumaisnil (Somme), explique : « Avec les températures excessives depuis juin, mes 57 hectares de betterave sont en danger. Les plantes ont perdu leurs feuilles et la racine s’est saturée, entraînant des dommages irréversibles. Cela a un coût élevé : chaque hectare coûte désormais environ 3 000 euros à couvrir. »
Au niveau national, les régions du Hauts-de-France, qui concentrent la moitié de la production nationale, sont particulièrement touchées. « On s’attend à une récolte catastrophique », confie l’agriculteur, pointant des zones comme le sud de la Somme et l’Oise où les terres séchent plus que partout ailleurs.
Tereos, le deuxième groupe européen dans la transformation des betteraves, rapporte une baisse de rendement de plus de 20 % par rapport à l’année précédente. « Cela se répercute sur les marchés », précise le groupe, qui adapte ses usines en retardant l’ouverture des sucreries et en réduisant sa cadence industrielle pour optimiser la production.
La Confédération générale des planteurs de betteraves appelle à une indemnisation rapide des assureurs. « Il faut agir dès maintenant », insiste Fabien Hamot, secrétaire général de la CGB. « La concurrence internationale, notamment avec le sucre brésilien, menace notre souveraineté agricole. Nous devons protéger notre marché avant que cela ne devienne irrécupérable. »
Les agriculteurs prévoient une fin de récolte vers décembre, mais pour l’instant, les pertes financières s’accumulent sans solution immédiate.