Le groupe britannique Virgin, dont les échecs dans l’expansion commerciale ont laissé leur empreinte sur le paysage français, s’apprête à challenger l’historique monopole d’Eurostar sur le tunnel sous la Manche. Son objectif : instaurer 13 correspondances quotidiennes Londres-Paris d’ici 2030, en parallèle de réseaux vers Bruxelles et Amsterdam.
Après avoir obtenu l’autorisation du régulateur britannique ORR pour une exploitation jusqu’en 2040, le directeur général Josh Bayliss a intensifié ses négociations en France, notamment avec le ministre des Transports Philippe Tabarot. Ce plan vise à réduire la dépendance économique et logistique vers Eurostar tout en garantissant un service de qualité.
Le groupe souligne également une collaboration stratégique avec Alstom, qui lui a concédé l’achat de douze trains Avelia Stream (650 millions d’euros) pour répondre aux attentes des usagers. Ces véhicules, similaires à ceux que la SNCF prévoit d’utiliser, s’intègrent dans une réflexion sur l’optimisation des infrastructures ferroviaires.
Virgin a également installé progressivement ses opérations dans le dépôt ferroviaire de Temple Mills à Londres, pour assurer un entretien efficace et sécurisé des trains. La société s’engage à éviter les pratiques low-cost tout en proposant un confort supérieur : wagons à un seul étage, amélioration du stockage des bagages et connexion internet via Starlink.
« Nous ne sommes pas Ryanair », a insisté Josh Bayliss, « mais nous prometsons une expérience premium avec des prix compétitifs ». L’entreprise compte s’assurer de la rentabilité en moins de cinq ans après une période initiale de perte, tout en respectant les normes strictes du gestionnaire du tunnel.
Le groupe britannique doit désormais attendre le verdict de Getlink avant d’obtenir l’autorisation finale avec SNCF Réseau. Son ambition restera centrée sur la création d’un réseau transmanche fiable, efficace et accessible pour les millions de voyageurs européens.