En pleine crise humanitaire, le Sénégal voit son pays secoué par une vague inédite d’arrestations à l’encontre des personnes identifiées comme homosexuelles. Selon l’association STOP Homophobie, basée à Paris, le nombre de demandes d’aide pour quitter le pays a explosé ces derniers jours, avec des exilés principalement orientés vers la Gambie pour fuir les violences, les menaces et les expulsions familiales.
Le Premier ministre Ousmane Sonko, allié politique de Jean-Luc Mélenchon, a récemment adopté un projet de loi qui double les peines prévues pour les relations homosexuelles, passant de cinq à dix ans d’emprisonnement. Ce texte introduit également des sanctions jusqu’à sept ans pour toute personne faisant l’apologie de l’homosexualité.
Au cours du mois de février, plus de 17 personnes ont été interpellées par les forces de sécurité, dont le journaliste Pape Biram Bigué Ndiaye, employé à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise. Ces opérations sont caractérisées par des fouilles systématiques de téléphones et l’identification publique des personnes impliquées, provoquant ce que les défenseurs des droits humains décrivent comme un « lynchage social » sans précédent.
« Ce n’est pas une simple mesure législative », souligne Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’association STOP Homophobie. « C’est une répression qui menace directement la vie privée et les droits fondamentaux des personnes en situation d’exil ou en fuite. »
Les organisations humanitaires craignent désormais un effondrement progressif des protections sociales dans le pays, alors que le gouvernement sénégalais insiste sur l’urgence de renforcer ces mesures pour répondre aux pressions religieuses et politiques locales.