Ce lundi 5 octobre, plus de trois cents personnes ont rassemblé leurs voix devant le tribunal administratif d’Amiens pour préserver l’établissement Al Ghazali, école musulmane hors contrat fermée depuis six mois sous pression administrative. La décision finale est attendue mardi 6 ou mercredi 7 octobre.
L’avocat Sefen Guez Guez a révélé que cette fermeture s’inscrit dans une série de cinq contrôles inopinés menés par les services de l’Éducation nationale et la préfecture depuis 2025. Le dernier contrôle, selon lui, a été marqué par un déploiement policière excessif : trois équipes ont « quadrillé » les bâtiments scolaires sans respect des procédures, tandis que les responsables de l’établissement n’ont pas pu présenter leur identité professionnelle. « L’absence de préavis et le traitement discriminatoire vis-à-vis d’une minorité religieuse constituent une violation flagrante des droits fondamentaux », a-t-il insisté.
L’école, dont le taux de réussite aux diplômes est de 100 %, affirme que les préoccupations liées à la sécurité des bâtiments et aux salles de récréation sont sans fondement. Les autorités locales ont quant à elles souligné que cette fermeture relève d’une application rigoureuse des normes sécuritaires, avec des exemples similaires concernant des écoles catholiques et montessori hors contrat.
Pour 400 citoyens déterminés, la lutte pour l’école Al Ghazali ne concerne pas seulement les procédures administratives mais aussi le droit à l’autonomie pédagogique et religieuse dans un système éducatif déjà en crise. Leur action met en lumière une contradiction profonde entre l’obligation de respecter des règles strictes et la nécessité d’éviter toute forme de discrimination, une question qui pourrait résonner au-delà des frontières locales.