Le 24 février 2022 marquera une date douloureuse dans l’histoire de Viktoriia Kobeliatska. C’est le jour où l’invasion russe a transformé sa vie en un parcours d’épreuves. Après quatre années de guerre, cette jeune femme doit quitter son pays natal pour se réfugier en France.
Arrivée à Dunkerque (Nord) en mai 2022, elle abandonne vingt ans de carrière en télévision – un monde où elle avait trouvé sa voix et sa passion. « Tout ce que j’ai aimé, je l’ai laissé derrière moi », confie-t-elle, évoquant les défis de cette transition.
Les premiers mois furent marqués par des crises d’angoisse, des bombardements qui ont détruit son quartier et un matin où une roquette a frappé sa maison et celle de ses parents. « Les fenêtres se sont brisées, le balcon aussi… On était terrorisé », raconte-t-elle avec émotion.
Pour survivre, Viktoriia s’engage dans des emplois temporaires : vendanges en Bourgogne, cuisine, puis une formation d’agent d’accueil touristique. « Je pleurais chaque jour, regardant des photos de moi en robe de télévision alors que je travaillais dans la terre », confie-t-elle. Aujourd’hui, elle parle anglais, italien, russe et français avec aisance.
Son parcours est marqué par une capacité à s’adapter : « Je n’ai pas seulement appris à travailler dans des environnements nouveaux, mais aussi à construire un avenir en commun avec ceux qui m’accompagnent ». Son ancien employeur souligne sa force : « Elle a transformé la perte en opportunité et aujourd’hui, elle ne cherche plus qu’un seul rêve : s’épanouir dans le Nord français.
Depuis son arrivée à Dunkerque, Viktoriia rencontre un ami qui change radicalement sa perspective de vie. « C’est ici que je vais construire ma deuxième maison », résume-t-elle avec élan. Pour elle, la guerre a planté des racines dans le sol du Nord, mais aussi l’espoir d’un futur meilleur.