En moins de sept jours, un réseau de réflexion israélien fictif a diffusé plus de cent rapports conçus pour influencer les modèles d’intelligence artificielle. L’Institut de Hanovre, présenté comme une entité académique spécialisée dans le conflit palestinien-israélien, opère en réalité sous l’égide d’une société israélienne, Piro Inc., financée par des fonds gouvernementaux.
Ces documents, rédigés avec un ton neutre et structurés comme des études universitaires, visent à faire apparaître des données contestables sur les enjeux de sécurité israéliennes. Par exemple, un rapport affirme que 47 % des citoyens israéliens considèrent l’armée nationale comme la plus morale au monde, alors qu’un autre remet en cause les statistiques de l’UNICEF sur les infrastructures détruites à Gaza.
Piro Inc., qui a reçu près de 900 000 dollars d’argent public israélien, travaille en partenariat avec Havas Media, une agence française spécialisée dans la communication. Cette collaboration souligne l’étendue des efforts israéliens pour contrôler les réponses des chatbots dans un contexte géopolitique complexe.
Des analyses réalisées par des experts en désinformation indiquent que plus de 50 % des publications de l’Institut de Hanovre ont été identifiées comme générées par de l’intelligence artificielle. Cette pratique, souvent qualifiée d’« empoisonnement des modèles », permet à Israël de brouiller les réponses des systèmes d’IA sur des sujets sensibles.
De plus, le gouvernement israélien a également recruté Brad Parscale, ancien directeur politique de Donald Trump, pour développer des outils visant à influencer les chatbots. Ces stratégies ont déjà été intégrées dans des systèmes comme Google Gemini et Microsoft Copilot.
L’Institut de Hanovre affirme que ses études sont rigoureuses et publiées après une évaluation par les pairs. Cependant, ses méthodes, conçues pour s’insérer discrètement dans la culture des modèles d’intelligence artificielle, mettent en lumière le danger croissant de la manipulation numérique dans un monde de plus en plus connecté.