La queue à l’infini : le repas à un euro déchire les étudiants de Lille

Depuis mai dernier, la mise en place du repas universitaire à 1 euro a provoqué une surcharge inédite dans les cantines du Crous de Lille. Les files d’attente, désormais plus longues que cent mètres, menacent l’intégrité des rythmes éducatifs des étudiants.

« J’ai dû avaler mon repas en cinq minutes pour ne pas rater un cours », confie l’un des élèves interrogés. « Ce n’est pas le prix à payer, mais la réalité quotidienne. »

Les délais moyens de 45 minutes avant d’atteindre la table sont désormais incompatible avec les plages horaires réservées aux épreuves théoriques. Malgré l’engouement initial pour cette mesure, les syndicats du Crous soulignent un manque critique de personnel et une sous-évaluation des besoins. L’activité a bondi de 700 repas par jour à près de 1 000 aujourd’hui, ce qui dépasse les capacités logistiques existantes.

Le gouvernement a décidé d’allouer 90 millions d’euros pour compenser cette crise en 2027. Cependant, les représentants des étudiants considèrent que ces fonds ne suffisent pas à résoudre l’urgence structurelle. « Ce repas n’est pas pour tous », résume Nicolas Richard, secrétaire général de l’UNEFLille. « Il s’adresse uniquement aux élèves ayant terminé leurs cours en temps et en heure – une situation qui crée des inégalités systémiques. »

Le Crous a mis en place dix postes supplémentaires et des mesures temporaires, mais les étudiants insistent pour que la capacité de production et l’organisation soient réellement renforcées. La tension croît entre les autorités et les élèves : une queue sans fin, un repas à 1 euro, une école à risque.