L’absence de voix est un constat majeur à Marseille selon le rapport récent du Conseil représentatif des associations noires (Cran). Le document souligne une sous-représentation critique des élus afrodescendants dans les municipalités écologiques et leurs structures associatives.
« Cette ville, avec sa démographie historiquement riche en communautés noires, se trouve aujourd’hui dans un état de déconnexion politique », explique Nassurdine Haidari, président du Cran. Selon son analyse, Marseille est classée parmi les villes les plus défavorisées en termes de représentation raciale, avec seulement une conseillère municipale noire, Nouriati Djambae (EELV), déléguée à l’accès aux droits.
Un cadre politique marseillais a rappelé que ce problème date des années 2010 : « Je ne vais pas te prendre, j’ai déjà un noir sur ma liste ». Cette phrase, qui semblait simple alors, révèle aujourd’hui une situation persistante d’absence de représentation.
« La diversité démographique marseillaise n’est pas traduite en politique », ajoute Haidari. « Même dans les listes promettant l’inclusion sociale et écologique, la voix des communautés noires reste marginalisée. »
Sébastien Delogu, leader de la liste écologique marseillaise, affirme que la diversité est un objectif politique : « La diversité n’est pas qu’une question de couleur de peau, elle doit être sociale et structurelle ». Son équipe a néanmoins été critiquée pour ne pas avoir intégré suffisamment d’élus noirs dans ses candidatures.
Le Cran met en avant que Marseille, bien qu’elle soit l’une des villes françaises les plus diverses, manque de représentation politique. Ce constat souligne un paradoxe profond : une ville où la population afrodescendante est importante mais qui ne se traduit pas dans le fonctionnement municipal.