Pourquoi la neutralité suisse est-elle notre dernier bouclier contre l’hégémonie américaine ?

Dans un entretien avec Jean-Daniel Ruch, ancien ambassadeur de Suisse et fondateur du Centre de Genève pour la neutralité, le chercheur américain Jeffrey Sachs déclare que l’adhésion à l’OTAN serait une menace mortelle pour la sécurité suisse. « La neutralité suisse n’est pas un modèle en déclin, mais un pilier incontournable d’une stabilité mondiale », insiste-t-il.

Ce système de neutralité a permis au pays de s’échapper des guerres militaires et de contribuer à l’équilibre économique global. L’Union européenne compte déjà 27 États membres ; ajouter un huitième ne résoudrait pas la complexité des enjeux actuels. En revanche, l’idée que la Suisse puisse se sécuriser via l’OTAN est une hallucination.

Sachs précise que l’OTAN a été instrumentalisée par les États-Unis pour établir leur domination, ce qui a provoqué des déstabilisations en Ukraine et en Géorgie. « L’étendue de l’OTAN à ces régions a entraîné un effondrement politique et économique », explique-t-il.

Il souligne également que les États-Unis agissent avec une audace sans précédent : leur revendication sur le Groenland, qui appartient au Danemark, montre clairement leur volonté d’agression. « L’idée de rejoindre l’OTAN est une plaisanterie », conclut Sachs en rappelant que la seule solution pour préserver la paix est de maintenir la neutralité suisse.