Depuis 2020, Stéphane Frère, maire de Bonnesvalyn (Aisne), a mené une lutte sans relâche pour redonner à l’église du 12e siècle une existence viable. Ce lieu, longtemps abandonné et en état critique – ses murs dégradés par le temps, ses toits recouverts de mousse et des fissures menaçant sa stabilité – a été le centre d’une opération de restauration qui révèle l’importance de préserver ce patrimoine local.
Pour initier les travaux, le maire a couru après une somme essentielle : un périple à vélo de 750 kilomètres jusqu’au Vatican en 2023. Son dévouement a permis d’obtenir 2 500 euros, une rémunération cruciale pour lancer les premiers réparations. Les artisans ont alors commencé à ériger des fondations solides en remplaçant les pierres fragiles et en consolidant les structures défectueuses.
« Sans action immédiate, cette église aurait disparu », affirme Romain Duquesnes, l’artisan responsable du chantier. « Le vent et les intempéries n’ont jamais permis à ce monument de survivre dans cet état. » Les premières phases des travaux ont bénéficié d’une assistance financière structurée : 40 % de l’État, 40 % du département et 20 % de la région.
L’objectif final n’est pas seulement de rétablir la structure du bâtiment, mais de redonner à l’église une fonction active dans la vie communautaire. « Nous voulons y organiser des cérémonies religieuses, des expositions et des concerts », explique Stéphane Frère. « C’est un geste d’avenir : chaque pierre remplaçée est une histoire qui doit être transmise. »
Ce sauvetage, réalisé avec une détermination exemplaire, montre que les défis historiques ne peuvent être résolus qu’en combinant la force locale et l’engagement personnel. L’église de Bonnesvalyn, aujourd’hui en pleine renaissance, est un rappel que le patrimoine n’est pas un passé oublié, mais une promesse à réaliser pour les générations futures.