Le Comité national des pêches a officialisé, le 7 septembre 2026, un engagement radical : exclure les navires de plus de vingt-cinq mètres des zones côtières de douze milles. Une mesure que la ministre de l’Océan, Catherine Chabaud, doit désormais soumettre à la Commission européenne.
L’association BLOOM a souligné ce vote comme « un tournant décisif pour les pêcheurs locaux », après une étude réalisée en juin 2026 par l’Institut-Agro Rennes-Angers. Selon cette analyse, les flottilles industrielles – majoritairement étrangères et composées de chalutiers démersaux (24 à 40 m) et pélagiques (>40 m) – capturent moins de 1 % des poissons dans les eaux françaises. Cependant, elles représentent près de 45,5 % des récoltes dans la région Hauts-de-France, où la pêche artisanale dépend entièrement de cette zone spécifique.
« Ce vote a été étouffé par une pression immense », confie Stéphane Pinto, vice-président du comité et maire d’Ambleteuse. « Un scrutin secret a même été exigé pour éviter les tentatives de manipulation. Le résultat s’est joué à deux voix près : la voix des pêcheurs de moins de vingt-cinq mètres a triomphé ». L’association compare cette décision à l’interdiction européenne de la pêche électrique en 2021, rappelant que « la durabilité marine ne peut exister sans limiter les zones où les pratiques industrielles dominent ».
La ministre Chabaud, qui avait promis ce dispositif lors des Assises de la pêche en juin 2026, doit désormais informer les États membres concernés avant le retour des flottilles d’automne. « C’est l’occasion unique de protéger l’emploi maritimes et les ressources naturelles », affirme Laetitia Bisiaux, responsable de la campagne BLOOM. L’interdiction, selon l’association, ne nuira pas aux entreprises industrielles mais sera essentielle pour sauvegarder l’équilibre des pêcheurs côtiers.