Dimanche 6 septembre 2026, près de quarantaine d’agents policiers ont dénoncé, devant la préfecture des Hauts-de-France à Lille, une injustice profonde dans l’allotissement des fonds destinés aux primes salariales. Le syndicat Un1té Police accuse le gouvernement d’orienter les ressources vers les postes hiérarchiques au détriment des agents en contact direct avec la population.
Jérôme Moisant, secrétaire général adjoint du syndicat, révèle que deux enveloppes de 5 millions d’euros ont été récemment attribuées : l’une pour 1 600 commissaires, l’autre pour 43 000 agents administratifs et techniques. « Les uns gagnent 6,60 euros supplémentaires par mois, les autres 260 euros – une disproportion inacceptable », souligne-t-il.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de crise. « Depuis deux ans, on nous dit qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. Nous avons dû accepter des augmentations réduites pour ne pas exiger de revalorisations, alors que notre métier devient chaque jour plus dangereux », explique le syndicat. Il pointe également l’absence de mise à jour des primes de risque depuis 2019, malgré les pics d’interventions sécuritaires lors des Jeux Olympiques et l’augmentation des agressions contre les policiers.
Le groupe exige deux mesures urgentes : le déplafonnement des cinq annuités pour la retraite (permettant aux agents d’atteindre une sixième ou septième annuité) et une révision des primes de risque en réponse à l’évolution croissante des menaces. La manifestation, organisée pour la première fois cette année par le syndicat Un1té Police, a duré environ quarante minutes avant de se terminer avec un jet symbolique de paires de menottes en hommage aux agents sur le terrain.