Le feu des canicules et des gelées : une récolte précoce menaçant l’Aisne

Pour la première fois dans leur carrière, Sylviane et Edmond Couvent, viticulteurs de l’Aisne, doivent récolter leurs raisins en pleine août plutôt que vers fin octobre. Une rupture inédite, provoquée par des vagues de chaleur extrêmes cet été et des gelées destructrices du mois de mars qui ont détruit près de 40 % de leurs vignes.

Depuis lundi 17 août 2026, les vergers de Trélou-sur-Marne s’engagent dans une saison exceptionnelle. Les raisins, exposés sans protection à la lumière intense, commencent à perdre leur acidité et à se dessécher. « C’est le premier mois d’octobre qui s’en va en retard », confie Sylviane Couvent, viticultrice, rappelant que les conditions météorologiques actuelles sont sans précédent dans ses quarante années de travail.

Les deux époux ne peuvent ignorer l’écart critique : depuis plus de deux mois, la région n’a pas connu une seule pluie. « Les bourgeons ont brûlé en une nuit », souligne Edmond Couvent. La qualité des raisins est précaire, mais les quantités s’avèrent nettement réduites. « Même avec nos réserves, cela affectera notre revenus », avoue-t-il.

Pour survivre à cette année marquée par le climat extrême, ils adoptent des mesures radicales : réduire la taille des feuilles pour limiter l’exposition solaire et ajuster les pratiques agricoles. Toutefois, leurs craintes sont grandes : si cette situation devient régulière, leur métier risque de s’éclipser dans un futur incertain. Leurs objectifs ? Éviter que cette récolte précoce ne devienne la norme et garder le contrôle sur l’avenir des vignes.