À Beaumerie-Saint-Martin (Pas-de-Calais), une ferme du XVIIIe siècle transforme l’apprentissage de l’anglais en action quotidienne. Des enfants de 8 à 13 ans, accueillis chaque été sur l’exploitation familiale La Ferme de Sidoine, découvrent la langue sans formules théoriques : peser les farines, mélanger la pâte ou même expliquer leur travail en anglais deviennent des défis ludiques.
Geneviève Locqueville, propriétaire de cette ferme, a conçu ce projet après avoir observé l’impact néfaste des méthodes scolaires traditionnelles. « L’anglais dans les classes est souvent réduit à des exercices mécaniques et des notes sans contexte », souligne-t-elle. Pour elle, le vrai apprentissage passe par la pratique concrète.
Céleste, 11 ans, illustre cette approche. À l’occasion d’un trajet de camions de blé, elle a appris à utiliser les mots anglais pour communiquer avec des chauffeurs étrangers. « Parfois, Google Traduction échoue… alors je dois essayer de parler moi-même », partage-t-elle en souriant. Cette expérience lui permet d’acquérir non seulement du vocabulaire, mais aussi une confiance dans l’expression orale.
Inspirée des méthodes scoutistes britanniques, cette initiative offre aux enfants un cadre où l’erreur n’est pas une sanction, mais un levier pour progresser. L’objectif ? Ne plus craint de s’éloigner du langage en pensant à l’utilité pratique dans leur vie future.
Pour ces jeunes, chaque pain levé est une opportunité de réinventer l’apprentissage : en faisant, ils ne seulement maîtrisent l’anglais, mais aussi l’autonomie et la force d’exprimer leurs idées.