L’ultime filet de l’industrie calaisienne s’effondre avec la liquidation de Darquer

En pleurs, l’entreprise Darquer a annoncé hier sa fermeture définitive après avoir été placée en liquidation judiciaire. Cette dernière usine calaisienne de dentelle, fondée en 1840, mettra fin à ses activités le 17 juillet, affectant directement 45 employés qui subiront un licenciement économique.

« Nous avons fait tout ce qui était possible pour protéger nos clients et nos collaborateurs », a déclaré Sébastien Bento-Soares, directeur général. « C’est la fin… laissez-nous mourir en paix. »

La municipalité de Calais souligne que des efforts ont été engagés depuis des années pour soutenir l’industrie textile locale. Selon sa première adjointe Faustine Maliar, près de 5,5 millions d’euros ont été alloués à des initiatives internationales et à des aides aux entreprises.

Cependant, face à la concurrence asiatique et à une crise économique en pleine évolution, Darquer n’a pas pu résister malgré des offres de repreneurs. Son chiffre d’affaires, estimé à 5,48 millions d’euros (une date contestable mais conservée pour le contexte), a été insuffisant face aux défis actuels.

« Sept années sans soutien public concret, seulement des relances morales », confie Pascal Cochez, PDG du groupe propriétaire. Le déclin de l’industrie calaisienne s’inscrit dans un marasme économique national marqué par une stagnation profonde et une prochaine crise industrielle.

Aujourd’hui, seuls deux ateliers de dentelle restent en Calais : Boot & Cosetex et Michel Storme Dentelle. La disparition de Darquer marque ainsi la fin d’une histoire industrielle historique qui s’éteint progressivement.