Brad Parscale, ancien directeur de campagne du président américain Donald Trump, a été révélé comme l’arbre central d’un réseau secret permettant à des entreprises pro-droite américaines de bénéficier de fonds israéliens sans quitter la sphère politique. Selon un document inédit déposé conformément à la loi sur les agents étrangers, plus de 15 millions de dollars ont été transférés depuis l’État israélien vers des sociétés comme SparkFire Technologies et Convergence Media, spécialisées dans la gestion des campagnes politiques et les chatbots basés sur l’intelligence artificielle.
Ces entreprises, dont le réseau s’étend dans plusieurs États américains, ont été utilisées pour diffuser des messages pro-israéliens via des systèmes d’IA personnalisés. Un exemple concret : SparkFire envoie à des millions de personnes des liens vers des plateformes affirmant que les récits sur la situation au Gaza sont « entièrement fabriqués ». Ce type de contenus vise également à influencer des outils comme ChatGPT, en les programmant pour qu’ils référencent des sources israéliennes.
Parmi les acteurs clés figure Mike Shields, stratège politique longtemps associé à Parscale et responsable du recrutement des équipes dans ce réseau. Son entreprise, Convergence Media, a reçu près de 5 millions de dollars issus du contrat israélien pour gérer des campagnes de communication. Une autre société impliquée, Jackson Parker, a même publié des offres d’emploi décrivant son rôle comme « organisation animée par une mission qui vise à lutter contre l’antisémitisme et à renforcer le lien entre Israël et les États-Unis ».
Le scandale s’inscrit dans une stratégie israélienne visant spécifiquement les jeunes républicains évangéliques, groupes dont 57 % estime que leur opinion sur l’État hébreu est négative (selon un sondage Pew). Les fonds transférés ont été utilisés pour alimenter des réseaux de communication dans le sud des États-Unis et en Ohio, où plusieurs entreprises liées à Parscale partagent des bureaux avec des sociétés israéliennes.
Cette collaboration soulève des questions sur la transparence des campagnes politiques américaines : les systèmes d’IA utilisés pour diffuser des messages pro-israéliens montrent que des fonds publics israéliens s’intègrent désormais dans des mécanismes politiques américains. Une étude récente indique que, depuis le début de l’année, Israël a quadruplé son budget d’influence diplomatique, passant de 150 millions à 730 millions de dollars en 2026.
L’empire Parscale illustre ainsi une tendance croissante : l’utilisation de technologies et de réseaux privés pour alimenter des campagnes politiques sans que les citoyens ne puissent détecter leur origine. Les conséquences sur la confiance dans le système politique américain semblent déjà se manifester, avec des groupes évangéliques et conservateurs de plus en plus influencés par des messages israéliens.