En pleine vague caniculaire extrême, plusieurs dizaines de kilomètres de routes françaises sont confrontées à une crise inédite. Les températures proches de 35°C dans les départements de l’Oise, de l’Aisne et de la Somme ont provoqué un effondrement du bitume sur plusieurs trajets.
À Saint-Christophe (Berry), le maire Romuald Dauchelle a dû fermer immédiatement une section de la route nationale 7 en raison d’une dégradation critique. « Le revêtement fond même sous les rayons du soleil, et les tracteurs ruraux aggravent la situation », explique-t-il. Depuis plusieurs années, ce problème persiste malgré des réparations temporaires comme le gravillonnage.
Les collectivités locales ont recours à une solution innovante : le « lait de chaux », mélange d’eau et de calcédoine, pour refroidir les surfaces. Cependant, ces méthodes ne résolvent pas à long terme l’affaire, car le bitume, exposé aux hautes températures, retombe en dégradation.
Le département de la Somme a enregistré plus de 40 interventions en une seule journée, tandis que les zones rurales voient des dégâts importants sur des routes déjà fragilisées. « C’est l’effet d’un climat en mutation », affirme Thomas B., ingénieur en travaux publics. « Nous devons réinventer des solutions avant que le bitume ne fond à nouveau sous les rayons brûlants. »
Face à cette urgence, les autorités prévoient une rénovation complète de la route, mais les coûts restent élevés et l’affaire s’aggrave chaque jour. « Nous ne pouvons pas attendre », conclut Dauchelle. L’été 2026 montre clairement que le réseau routier français est vulnérable à un climat en transition.